L’EXPÉRIENCE – Description de l’expérience et témoignages
Les yeux fermés, des visions surgissent — géométriques, intenses, peuplées de formes, d’entités, de scènes issues de la mémoire la plus enfouie.
Le temps se dilate ou se contracte. La perception du corps, de l’espace, de soi-même se transforme profondément.
Ce n’est pas une évasion. C’est au contraire une rencontre — avec ce qu’on porte, ce qu’on a traversé, ce qu’on n’a pas encore regardé en face.
Les émotions remontent sans filtre : joie, peur, tristesse, gratitude, parfois tout cela dans la même nuit.
La purge — physique et émotionnelle — fait partie du chemin.
Ce qui reste après est souvent plus difficile à décrire que l’expérience elle-même. Un regard différent sur sa propre vie. Des nœuds qui se défont. Des décisions qui s’imposent avec une clarté inattendue.
Les changements ne se mesurent pas toujours dans l’immédiat — ils continuent de travailler, parfois pendant des mois.
Les témoignages qui suivent n’illustrent pas un résultat type. Ils donnent à voir ce que sept personnes, dans des contextes différents, ont traversé et retenu :
Éric — 61 ans Enfance douloureuse et dépendance chimique
J’ai longtemps hésité avant de me décider, heureusement un ami à insister pour que j’essai « au moins une fois ». Arrivé sur place, je n’avais qu’une envie : fuir — j’ai compris beaucoup plus tard que c’était mon ego qui était effrayé d’être démasqué, et surtout que je puisse enfin découvrir la force innée en moi.
J’étais accompagné de cet ami. Nous avons bu, et quelques minutes plus tard les effets sont arrivés. Je pouvais deviner les paroles des chansons avant qu’elles n’arrivent, alors que je ne les avais jamais écoutée. Je pouvais voir « l’aura coloré » de l’électricité circuler dans les fils. Je suis même remonté dans le temps jusqu’au moment de ma propre conception — malgré toutes mes expériences phychédéliques, je n’avais jamais rien vécu de tel.
Nous nous sommes promis avec mon ami de ne plus nous appeler pour consommer de la cocaïne ensemble. Et simplement, nous ne nous sommes plus jamais téléphoné pour ça.
Cette nuit-là, je me suis libéré de ma dépendance. Ça a quand même pris quelques années, jusqu’à l’arrêt complet il y a plus de quinze ans. J’ai accepté mon passé. Je n’ai même plus peur de mon ombre — mon père — et je continue l’Ayahuasca au rythme d’une ou deux fois par an.
Gabrielle — 45 ans Conflit familial et épuisement
Ça n’a pas été facile de franchir le pas, je l’avoue. On m’avait invité plusieurs fois et je trouvais toujours une raison pour éviter.
J’ai eu la chance de participer en Guyane avec un groupe expérimenté qui m’a porté durant la nuit. J’ai beaucoup vomi — la nuit n’a pas été facile. J’ai revécu des passages de ma vie que je voulais oublier. Ça m’a vraiment chamboulé.
En fin de session, tout s’est éclairé. Les musiques, les chants m’ont ramené à la vie — j’ai même dansé, alors que quelques instants avant j’étais recroquevillée dans mon hamac.
Les jours suivants j’ai tout rangé, lavé, organisé toute ma maison — un vrai tourbillon. Mes voisins qui me connaissent bien se sont demandé ce qui m’arrivait. Ils n’en revenaient pas et voulaient absolument savoir quelle « nouvelle drogue » j’avais prise.
J’ai appelé mon père avec qui je ne parlais plus depuis des années. On a discuté pendant des heures. On s’est pardonné — et depuis, nous sommes en bonne relation.
Pour moi, il y a clairement eu un avant et un après.
Agnès — 31 ans Période de transition et besoin de se trouver
J’avais à peine 25 ans. J’ai eu la chance de participer avec ma sœur, lors d’une retraite de quatre jours à Iquitos, au Pérou.
Je n’ai eu la force de boire qu’une seule fois. Ça a été très fort — j’ai beaucoup pleuré, j’ai ri, je me suis disputée à voix haute avec la Plante. Nous nous sommes réconciliées très vite.
Le temps est devenu complètement élastique — parfois ça passait très vite, d’autres fois ça n’en finissait pas. À un certain moment je me suis transformée en panthère. J’étais chassée et je fuyais dans la forêt pour sauver ma vie, j’ai ressenti la peur d’un animal poursuivi, je rampais, sautais, rugissais. Ma sœur m’a racontée qu’elle avait vu toute la scène et qu’elle me voyait vraiment comme un animal en fuite, rationnellement inexplicable mais véridique…
J’ai eu des visions limpide — des choses trop personnelles pour être racontées ici.
Sûrement la plus belle expérience de ma vie. Merci à ma sœur Julie, merci la forêt, et merci aux personnes attentives qui ont pris soin de nous là-bas.
Je n’ai pas eu d’autres occasions depuis — mais je pense sérieusement à remettre ça.
Chris — 36 ans Ma première expérience avec l’Ayahuasca
J’ai perdu le contrôle que j’avais sur moi. Une force que je ne connaissais pas a pris le relais. À partir de ce moment, j’ai eu une rencontre avec moi-même — réelle, sans détour. J’ai traversé des moments d’angoisse. C’est ce que la Médecine nous montre : elle nous plonge d’abord dans l’abîme.
Mais cet abîme existait déjà en moi, construit par moi. Alors on commence à voir ses erreurs, ses défauts, ses peurs — et à les examiner pour les réparer.
Après ce passage, quelque chose s’est ouvert. Je me suis senti libéré des obsessions qui me poursuivaient. J’ai compris que je ne changerais pas fondamentalement — mais que je pouvais réparer. J’ai ressenti la force et le courage pour avancer avec mes faiblesses plutôt que contre elles.
Je ne suis pas sorti différent. Je suis sorti plus vrai. Ce que j’ai vu cette nuit-là, je ne pouvais plus faire semblant de ne pas le savoir.
— Et puis, il y a ceux qui n’ont « rien senti » —
Matthieu — 40 ans Rien d’extraordinaire
Le lendemain matin, j’étais un peu gêné. Tout le monde avait vécu quelque chose. Moi, j’avais dormi profondément toute la nuit.
Le lendemanain, on m’a posé une question simple : c’était quand la dernière fois que tu avais dormi comme ça ? Je n’arrivais pas à me souvenir. Dix ans, peut-être plus… Je travaille dans l’événementiel depuis longtemps, je dors très mal, je récupère jamais vraiment et je me suis rendu compte que finalement ça me bouffait toute mon énergie.
La Plante m’a donné ce dont j’avais besoin, pas ce que j’attendais. Elle m’a surtout montré ce que je devais faire pour réparer ma vie.
Mylène — 49 ans J’avais carrément autre chose en tête
Ma nuit a été difficile, j’ai eu des douleurs abdominales intenses, rien de visuel, rien de spirituel. Je n’étais pas contente et je me suis même plainte.
Ce que je n’avais pas dit avant la session, c’est que je souffrais de constipation chronique depuis des années. Cette nuit-là, mon corps s’est purgé profondément, comme jamais ça ne m’était arrivé.
Mon problème a disparu depuis ce jour là, et quelques mois plus tard n’est toujours pas revenu. Merci la Plante et à aussi à la personne qu’i m’a très gentiment acccompagnée !
Christian — 28 ans Pas senti — ou presque
Pendant la session, j’ai passé une bonne partie de la nuit dans les toilettes. À rire. Seul, la porte fermée — pour ne pas déranger les autres.
Pas de visions, pas d’esprits, pas de feu d’artifice. Juste un rire qui ne s’arrêtait pas.
Le lendemain, en en parlant, quelque chose est devenu clair : ce rire-là, je ne l’avais pas vécu depuis des années. Peut-être que je n’avais pas pu. Peut-être que je n’avais pas voulu.
Cette nuit-là, j’ai juste rattrapé des années de rire. Et franchement, ça n’est pas rien !
NOTRE CHEMIN – Notre histoire
La Fille de la Forêt est native d’une communauté au bord d’un petit fleuve de l’Amazonie. Elle a grandi dans une lignée de guérisseuses, au cœur d’un territoire où l’Ayahuasca est transmise de génération en génération. Dans une session, elle tient l’espace, par sa présence et l’attention portée à chaque personne. Elle lit ce qui se passe, elle accompagne ce qui remonte. C’est une transmission vivante, pas un protocole.
Son mari, d’origine occidentale — baptisé Richu Pícchu par la tradition — a fait de l’Amazonie sa demeure au milieu des années 1990 — sans savoir que ce choix allait changer le cours de sa vie. C’est là qu’ils se sont rencontrés, et que leur histoire a commencé.
Elle portait la tradition. Il portait l’Occident. Ensemble, ils ont construit quelque chose qui tient des deux mondes.
C’est lui qui a fait le premier pas vers la Médecine — en 2002, auprès d’un Maître préparateur du breuvage, devenu un fidèle ami. La Plante est entrée dans la famille.
Ce qui a commencé comme une rencontre est devenu une évidence. Puis un engagement.
Après une décennie d’implication active, le couple se sent porteur d’un message. Ils commencent à proposer des cérémonies et à servir eux-mêmes l’Ayahuasca. D’abord au Brésil, ensuite dans divers pays d’Europe, et n’ont depuis jamais cessé.
Leur pratique a évolué avec les années. Les grands groupes, les cercles anonymes — c’est derrière eux. Aujourd’hui : une personne, deux, trois au maximum. Un cadre sur mesure, une attention totale.
C’est le choix de l’intime contre le collectif qui définit leur nouvelle approche.
Richu Pícchu est présent, attentif, formé par des années de pratique aux côtés de la tradition. La cérémonie ne dépend pas d’une seule présence — elle repose sur un cadre, une expérience, un engagement partagé.
Ils ont accompagné des centaines de personnes — des débutants, des gens en crise, des chercheurs de sens. Chaque session leur a appris quelque chose. Une expérience de plus de quinze ans qu’ils mettent aujourd’hui au service de ceux qui franchissent le seuil.
Ayawa est né d’un constat simple : en Occident, la Médecine circule souvent sans repères fiables, sans préparation sérieuse, sans cadre humain solide. Ce site est une réponse — pas une vitrine, pas une promesse. Un espace pour que ceux qui cherchent puissent s’informer, se préparer, et choisir en connaissance de cause.
— C’est ce chemin qui définit aujourd’hui leur pratique —
L’EXPÉRIENCE – Description de l’expérience et témoignages
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